Suivez le guide ! D'accord, mais lequel ?
Ils se livrent une bataille féroce dans les librairies. Que valent les guides touristiques ? Pour le savoir, nous en avons épluché trois. Sur l'Auvergne, le Puy-de-Dôme et Clermont-Ferrand.
Le Routard Auvergne : la terre sur les épaules
Toulouse, Montpellier et Marseille ont leur Routard. Clermont-Ferrand n'a pas encore cette chance. Il faut toutefois relativiser notre malheur : la dernière mouture du célèbre guide distingue l'Auvergne du Limousin, ce qui n'était pas encore le cas l'an dernier. Exceptionnellement, l'ouvrage se décline en deux versions : l'une payante (11,90 €) en vente partout ; l'autre gratuite, réservée aux jeunes faisant l'acquisition d'un forfait " Open Tour ", permettant de parcourir le réseau TER à prix cassé.
Malgré sa couverture un peu cliché (l'Auvergne, ses vaches, sa nature…), l'objet est séduisant et plus aguicheur que ses deux concurrents. Par contre, il faut avoir envie de se plonger dedans : la qualité du papier laisse à désirer, et l'ensemble pâtit d'une absence totale de photos. Dommage, surtout pour les sites les plus touristiques. Mais ne boudons pas notre plaisir ! La force du Routard demeure son esprit… routard. Amateurs de lèche-vitrines, passez votre chemin : les quelques boutiques référencées privilégient d'abord les produits du terroir, quand le Petit Futé regorge de bonnes adresses tendances, déclinées par univers.
S'émerveiller, plutôt que consommer. Découvrir, plutôt qu'acheter. Les vacances routardes sont volontairement décroissantes. Le classement des rubriques (dormir, manger, voir, faire) est une invitation à revenir à l'essentiel. La simplicité avec laquelle le guide s'adresse à ses lecteurs va dans ce sens : pas de grands discours philosophiques, mais des infos pratiques et quelques bons tuyaux sur les lieux à visiter. Un style inimitable, qui fait du Routard un très bon compagnon de voyage. Par contre, il faudra revoir la mise à jour : la brasserie qui ouvrira prochainement au jardin Lecoq, mitonne des plats depuis longtemps et l'ouverture de Notre-Dame du Port " en janvier 2009 " n'est plus un scoop. Et absolument rien sur " L'Aventure Michelin ", pourtant très attractive…
Plus : le ton, l'esprit décroissant ;
Moins : pas d'images, qualité de papier médiocre, la mise à jour.
Le Guide Vert Puy-de-Dôme : complet mais pas fun
Comme le Routard, Michelin ne voit pas (encore) l'intérêt de consacrer un guide à la capitale de région, alors que Reims, Saint-Malo, Strasbourg ou Nice ont ce privilège. Allez comprendre ! La principale qualité de l'édition Puy-de-Dôme demeure la richesse de son contenu : Bibendum ne se moque pas de ses lecteurs, et leur offre une mine d'infos sur les trésors du département.
Architecture, histoire, nature… Le partenaire touristique de la manufacture clermontoise possède en terme d'exhaustivité une longueur d'avance sur ses rivaux de papier, notamment le Petit Futé, à l'âme beaucoup plus conso. Autre atout : le classement des rubriques. " Organiser son voyage " ; " comprendre " ; " découvrir " ; " cartes et plans " : difficile de faire plus lisible et plus clair. Un plus ! Le référencement des sites par étoiles (de une à trois) permet également de ne pas passer à côté de l'essentiel, et d'organiser son séjour en fonction de ses priorités : du point de vue pratique, la balance penche encore du côté du Michelin.
En revanche, les pages ne sont pas très funs. Les photos d'églises ou de paysages, c'est bien, mais tout le monde ne voyage pas pour visiter. De plus, le Guide Vert compte peu de bonnes adresses tendances : n'espérez pas boire un café dans un bar qui monte ou rapporter un objet design de Clermont-Ferrand. Le Michelin place le terroir, la tradition et le folklore local bien avant la modernité. Un parti pris éditorial qui ne le rend pas attractif auprès des jeunes. En revanche, les familles apprécieront la petite icône indiquant les activités et sorties adaptées aux enfants. Dernier reproche : l'année d'édition n'apparaît pas sur la couverture. Du coup, le lecteur peut facilement se laisser berner en déboursant 11,90 € pour un guide… dépassé.
Plus : les célèbres étoiles, la qualité de l'information ;
Moins : un peu vieillot dans le fond et la forme.
Le Petit Futé Clermont : d'abord le shopping
Ceux qui pensent que Clermont-Ferrand manque de boutiques se plongeront dans la nouvelle édition du Petit Futé : 400 pages, dont une majorité dédiée au shopping. Le célèbre renard ne fait pas dans la demi-mesure ! Autant dire que les chasseurs de produits tendance (tous rayons confondus) seront ravis : mode, maison, multimédia, beauté, auto… Rien n'échappe à l'œil (futé) du goupil, avec de nombreuses nouveautés estampillées d'un logo bien visible. Quant à savoir si on part en vacances pour s'acheter une télé ou se faire épiler, c'est une autre question !
On aime également le classement des restos (début, milieu et fin de mois), qui permet de se régaler en fonction de ses moyens.
Deux bémols cependant : le guide référence systématiquement les établissements qui lui achètent un encart publicitaire. Et qu'est devenu le célèbre bouledogue avec ses coups de griffes ?
Ces pages de lèche-vitrines ne sauraient faire oublier les quelques autres strictement dédiées au tourisme. Paradoxalement, ce city guide dédié à Clermont-Ferrand ne raconte la ville que sur… une dizaine de pages, un peu égarées au milieu de ce catalogue de boutiques.
La rubrique " flâner " sort du lot, avec une présentation exhaustive du patrimoine culturel, architectural et artistique clermontois. Les amateurs d'escapades bucoliques apprécieront également la centaine de pages réservée aux communes environnantes : de A comme Aigueperse à V comme Volvic, le Petit Futé recense les bons plans et les points d'intérêts de la plupart des communes puydômoises. Sympa et très pratique, d'autant plus que le guide est illustré et imprimé sur du papier de qualité.
Bref… Pour 6,95 €, on en a largement pour son argent. D'autant plus que le Petit Futé est la seule maison à publier un city guide sur Clermont-Ferrand… A noter qu'il existe une version plus costaude consacrée à l'ensemble de la région.
Plus : le prix, la rubrique shopping bien garnie, les escapades ;
Moins : un établissementclient est forcément un bon établissement.
Emmanuel THEROND
Photos : Valentin UTA
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Utilisez-vous un guide touristique ?
Arlette, 67 ans, retraitée
" Je voyage sans guide, sans canne et sans rien. Je vais au gré du vent, selon ma fantaisie et j'ai trouvé en voyageant au flair, comme les papillons, l'adresse d'une fleur… "
Cyrille, 34 ans, cadre administratif
" Je consulte tous les guides : Michelin, Le Petit Futé, Le Routard, avec toutefois une préférence pour Le Routard. Dedans, je trouve les bonnes petites adresses de restaurants et les coins méconnus à visiter. "
Evelyne, 54 ans, employée de bureau
" Je n'utilise que le guide Michelin. J'ai toute la collection et même quelques doublons ! J'aime la présentation et je repère les sites touristiques, les lieux sur lesquels le guide a mis des " étoiles " ou encore ceux qui méritent le détour. "
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