Archéologie Corent, c'est non !
La réponse est définitive : les fouilles archéologiques projetées par Matthieu Poux sont interdites cet été sur le plateau de Corent…
" L'ARRET des opérations de terrain menées par les archéologues, sur un site particulièrement exposé aux pillages et aux travaux agricoles, aura des conséquences irrémédiables sur la protection d'un patrimoine dont l'importance est reconnue à l'échelle européenne. Il est d'autant plus regrettable qu'il coïncide avec la mise en œuvre d'un important projet de mise en valeur des vestiges et des résultats, prévu pour l'été 2010 "... Matthieu Poux, le brillant universitaire lyonnais n'est pas autorisé à entreprendre une nouvelle campagne de fouilles à Corent, un site sur lequel il travaille depuis 2001.
Après un premier refus de la CIRA- Commission interrégionale de la recherche archéologique d'autoriser de nouvelles fouilles archéologiques sur le plateau de Corent, la réponse définitive est tombée : c'est non ! Les fouilles sont suspendues pour un an. Le dossier a été évoqué devant le Conseil national de la recherche archéologique, ainsi qu'à la direction de l'architecture et du patrimoine au ministère de la Culture et de la Communication, où l'archéologue a été reçu. Le refus définitif intervient également après la consultation d'un second expert, " dont l'avis est largement concordant avec le premier ", selon la DRAC- Direction régionale des Affaires culturelles d'Auvergne. Un point que dément formellement Matthieu Poux.
Dans un long communiqué, il réagit à cette dernière décision, et précise, que l'on n'a pas tenu compte de l'avis du contre-expert. " Contrairement à ce que laisse entendre le communiqué de la DRAC, il préconisait une poursuite limitée des opérations de terrain "… Matthieu Poux soutient aussi que la décision " ignore les mises en garde réitérées des responsables scientifiques de la fouille, quant aux menaces qu'il fait peser sur la pérennité de ses recherches, des financements et des équipes dont elles dépendent ".
A la suite du premier refus, l'archéologue avait lancé une pétition sur Internet, qui a recueilli en une semaine un grand nombre de signatures de la France et les pays voisins, mais pas une seule en Auvergne. En 2008, Matthieu Poux nous avait déclaré : " Il ne faut pas se voiler la face : à Gergovie, on ne trouve rien de gaulois, seulement une ville gallo-romaine. Or on fouille Gergovie depuis 60 ans, contre seulement trois ans à Gondole et huit ans à Corent, où tout ce que l'on trouve est antérieur à la bataille. La capitale arverne, Nemessos, se trouvait à Corent (…). Tout serait parfait, si les vestiges de Corent, on les avait trouvé à Gergovie ! ".
Des propos réitérés dans d'autres médias, et au micro d'Europe 1, qui auront pesé lourd dans la décision de refus. A Clermont-Ferrand, le nom de Gergovie est tabou dans les milieux archéologiques, et nul ne peut laisser entendre que le site officiel est une coquille vide… sans en payer les conséquences. Il sera intéressant de voir si dans un an les fouilles sont de nouveau autorisées à Corent, et qui en sera le responsable.
J-J.ARENE
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