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Corent supersite gaulois
Depuis 2001, Corent réserve des surprises. La dernière est de taille : une cotte de mailles en fer complète, provenant d'un trophée gaulois.
Cette découverte unique en Europe, est d'autant plus inattendue qu'elle s'est déroulée en dehors de toutes fouilles ! On se souvient que l'universitaire lyonnais Matthieu Poux a été interdit de fouilles cet été à Corent, par la CIRA- Commission interrégionale de la recherche archéologique.. Puni pour avoir osé déclarer à plusieurs médias : " Il ne faut pas se voiler la face : à Gergovie, on ne trouve rien de Gaulois, seulement une ville gallo-romaine. Or on fouille Gergovie depuis 60 ans ". Il avait aussi affirmé : " La capitale arverne, Nemessos, se trouvait à Corent ".
Cette décision a fait grand bruit au printemps dernier, eu égard aux importantes dé-couvertes effectuées depuis plusieurs années par l'équipe du Luern- Laboratoire universitaire d'enseignement et de recherche en archéologie nationale, qu'il dirige.
Cet été, Matthieu Poux et Magali Garcia se trouvaient pourtant sur l'oppidum de Corent, à la demande du Conseil général du Puy-de-Dôme, pour superviser les travaux de fondation d'un futur aménagement paysager. Celui-ci accueillera le public sur ce site exceptionnel à partir de septembre 2010.
Un simple sondage de quatre m² (!) a permis la découverte de la cotte de maille gauloise, équipement réservé aux plus hauts membres de l'aristocratie, ainsi que des éléments de quatre boucliers, et d'armes. A proximité se trouvait une grande pièce de bronze caractéristique de l'art gaulois de la fin de l'âge du fer. Il s'agit de la crête d'une effigie de sanglier, enseigne en tôle de bronze montée à l'origine sur une longue hampe, identifiée comme une enseigne militaire. Quatre bagues en or, dont une trouvée la semaine dernière, complètent les découvertes.
Une boite à surprises
La datation de l'ensemble est estimée entre 150 ans et 100 ans avant notre ère. Les objets proviennent d'un trophée militaire gaulois. Nos ancêtres avaient coutume d'exposer les armes prises à l'ennemi dans un sanctuaire. La présentation était constituée d'une armure ou une cotte de mailles disposée sur un châssis de bois à la manière d'un mannequin, avec deux paires de boucliers, des lances, et une enseigne de sanglier en bronze. On peut aujourd'hui voir ce genre de trophée, sculpté sur l'arc de triomphe d'Orange.
" Le site de Corent est une véritable boîte à surprises. On ouvre 4m², et on fait la plus surprenante découverte à ce jour ", a commenté Matthieu Poux. Il a expliqué : " Le sanctuaire a été démantelé à l'époque de la conquête romaine, puis reconstruit par la suite, très certainement par des Gaulois romanisés. Ils ont respecté l'offrande faite aux dieux par leurs ancêtres, et n'ont pas touché aux objets exhumés ".
L'archéologue lyonnais devrait pouvoir reprendre ses fouilles l'été prochain. " Le préfet Patrick Stefanini est passé cet été à Corent, et nous a donné l'assurance de l'Etat, que les fouilles pourront se poursuivre, et dans de bonnes conditions ", a-t-il précisé. Voilà une autre bonne nouvelle…
Mais ne demandez pas à Matthieu Poux, si ces objets exceptionnels confortent le site de Corent comme la capitale des Arvernes ? Prudent, il ne mentionne plus Gergovie, et vous répond sobrement " C'est le genre de choses que l'on ne trouve pas n'importe où ".
J-J.ARENE
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