Remontées mécaniques Ascension sur le toit de l'Auvergne
Téléphérique, funiculaire, télécabine. Le toit du Puy-de-Dôme est accessible grâce des remontées mécaniques inscrites dans notre patrimoine. Et si vous preniez de la hauteur dans le massif du Sancy ?
Funitel : le renouveau à Super-Besse
C'était l'événement de la saison dans le massif du Sancy. Le rendez-vous à ne pas manquer. Vous l'aurez compris : il s'agit de l'inauguration du nouveau téléphérique de Super-Besse, qui transporte jusqu'au puy de la Perdrix les amateurs de sports d'hiver (et de belles vues !) depuis le 20 décembre dernier. A écouter Vincent Gatignol, direc-teur de la station, cet appareil flambant neuf apporte une " énorme satisfaction " aux passagers. D'autant plus, sans doute, qu'il était très attendu. Le dossier, sur la table depuis 2002, a mis sept ans pour aboutir. Mais peu importe. La suppression des " œufs jaunes " était indispensable : " Les anciennes cabines avaient une tenue au vent limitée. Or, il y en a de plus en plus ! Par ailleurs, nous arrivions à une grosse échéance technique et souhaitions apporter une nouvelle dynamique à la station, qui a doublé son chiffre d'affaires entre 2001 et 2006 ", se réjouit Vincent Gatignol.
Côté performances, ce produit 100 % français relègue son prédécesseur au rang d'antiquité des montagnes : 5 mn 50 s suffisent désormais pour monter au sommet contre un petit quart d'heure précédemment. Plus rapide, le Funitel transportera plus de passagers : jusqu'à 700.000 par an, contre 280.000 pour l'ancienne génération. La nouvelle gare d'arrivée, mieux intégrée que la précédente, pourra contenir à moyen terme un espace de restauration - l'endroit parfait pour siroter un café avec une vue imprenable à 180° ! Côté confort, rien à signaler. De larges vitres

Un unique câble de 8 km de long et des roues immenses… Le spectacle dans la gare de départ de Super Besse est impressionnant !
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teintées et des ban-quettes moelleuses permettent de profiter pleinement du panorama sur le domaine skiable et ses alentours. Une petite curiosité : le système de vidéosurveillance dans chacune des 34 cabines. Les délinquants des pistes n'ont qu'à bien se tenir !
Le principal atout de ce Funitel réside dans sa technique : " La présence de câbles côte à côte offre une stabilité au vent imbattable. Nous avons eu des autorisations ad-ministratives pour des rafales jusqu'à 110 km/h ", précise Vincent Gatignol. Traduction : le taux d'exploitation sera quasi-ininterrompu pendant l'hiver. Alors qu'il ne dépassait pas les 40 jours par an auparavant…
Le prix de la modernité ? 15 millions d'euros, subventionnés par la Région (1,5 mil-lions d'euros), le Département du Puy-de-Dôme (1,5 millions d'euros) et l'Etat avec l'Europe (1,2 millions d'euros).
Plus : un produit high-tech, rapide et confortable.
Moins : la vidéosurveillance dans les cabines. Même au ski on vous surveille…
Téléphériques du Mont-Dore : les frères jumeaux

La modernité du premier téléphérique du Mont-Dore fait oublier le tragique accident de 1965…
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" Je me suis agrippé de toutes mes forces. Sous moi, je voyais tournoyer des gens qui hurlaient de terreur. " Ce témoignage est celui d'un rescapé. D'un homme que le destin a choisi d'épargner. C'était le 25 décembre 1965 : une panne de courant, une rafale de vent, une paroi de la cabine qui s'éventre… Le dramatique accident du Mont-Dore a coûté la vie à six personnes et en a blessé douze autres. Rarement le Val d'Enfer n'a aussi bien porté ce nom… Si la station n'oubliera jamais cette tragédie, elle est bien décidée à se tourner vers l'avenir. Le téléphérique principal, construit en 1962, a subi un sérieux lifting depuis 2002, pour un montant de 2.069.000 euros.
Patrick Déat, responsable de la station, énumère les principales modifications. La première est visuelle : " Nous avons repeint les cabines aux couleurs du tramway de Clermont-Ferrand. " En l'occurrence, un rouge ocre du plus bel effet. Toutefois, les principales réfections ne sont pas visibles à l'œil nu : changement de motorisation, d'appareillage électrique, de treuils de secours et de chariots ; réfection des tomes d'ancrage ; mise en place de passerelles sur les gares ; reprise du système de tension. La station du Mont-Dore possède désormais un appareil de son temps, aux perfor-mances tout à fait honorables, puisque l'ascension s'effectue en seulement trois mi-nutes. La

La télécabine de La Bourboule a été inaugurée en 1975 par Valéry Giscard d'Estaing. |
vue est plus impressionnante que chez son cousin du versant sud, en raison d'un relief plus escarpé, plus montagnard. Au pied de la gare d'arrivée, c'est tout simplement le vide. Il est même possible de saluer des alpinistes perchés sur leur piton rocheux… Finalement, pourquoi se rendre dans les Alpes ?
Le second téléphérique du Mont-Dore est un des plus vieux de France, puisqu'il a été construit en 1936 par l'aviateur Dieudonné Costes, qui a effectué la première liai-son aérienne sans escale entre Paris et New-York. Son ouverture fit du Mont-Dore la troisième station française en terme d'équipements. Aujourd'hui, le bébé de la firme Applevages a pris quelques rides. Il n'est utilisé que pour pallier la forte affluence du premier téléphérique ou comme soupape quand il est en révision. Patrick Déat envisage d'ailleurs une reconversion ludique, en insérant sous les pieds des passagers un plancher… transparent. Sensations fortes garanties !
Plus : deux téléphériques pour monter.
Moins : à quand la réfection du second ?
Télécabine de Charlannes : le charme des Seventies

le poste de pilotage de la télécabine de Charlannes. |
La télécabine de Charlannes a été inaugurée - et mise en service - le 13 juillet 1975 par Valéry Giscard d'Estaing, alors président de la République. Située à proximité du parc Fenestre à La Bourboule, cette remontée mécanique remplace un funiculaire de 1902, érigé par le constructeur du premier tram de Clermont-Ferrand. 285 mètres d'altitude séparent les gares de départ et d'arrivée. Le trajet s'effectue à bord de six minuscules cabines de six places chacune ; des emplacements pour les skis de fond et les VTT sont prévus à l'extérieur.
Une fois la porte franchie (en baissant la tête), le confort est rustique : l'environnement très " Seventies ", avec ses plastiques blancs et jaunes, n'est toutefois pas dénué de charme. Par contre, le confort est sommaire : impossible de se tenir debout. Heureusement, des banquettes sont prévues

le poste de pilotage de la télécabine de Charlannes. |
pour ne pas se casser le dos pendant l'ascension. De plus, les portes, même fermées, laissent passer les cou-rants d'air. Frileux s'abstenir ! Il arrive même que les cabines balancent : quelques secondes d'adrénaline finalement pas désagréables, voire amusantes. Les enfants apprécieront… Qu'on se rassure : " La technique a été revue au fur et à mesure de la normalisation. La sécurité est donc au top ", tranquillise Frédéric Berkès, technicien de la télécabine intarissable sur le fonctionnement de ce petit bijou.
Avec 30.000 visiteurs par an en moyenne, la télécabine de La Bourboule est une at-traction majeure de la ville, sans doute en raison de ce qui attend les passagers au sommet : situé à 1146 mètres d'altitude, le plateau de Charlannes est le point de départ de nombreuses randonnées pédestres, à skis de fond, à raquettes ou à vélo. Bref : un moyen original pour accéder de la ville à la pleine nature…
Plus : les nombreux sentiers de randonnée au sommet.
Moins : les cabines sont rustiques. Et parfois, elles tanguent !
Funiculaire du Capucin : le plus ancien de France

Les cabines Belle Epoque du funiculaire du Mont-Dore possèdent un charme incomparable… Dommage qu'il soit fermé l'hiver !
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En mai dernier, le funiculaire du Mont-Dore a dû faire face au premier incident " officiel " de son histoire : la pédale de freins se déclenchait inopinément. Heureuse-ment, pas de victime à signaler. Par mesure de sécurité, l'attraction est toutefois restée fermée tout l'été. Et elle n'ouvrira pas non plus cet hiver : " Le déneigement à la pelle est bien trop contraignant. En plus, aujourd'hui, on peut aussi monter en voiture ", souligne Jean-François Roche, chef de service. Il faudra donc attendre le printemps prochain pour à nouveau prendre place dans cette incroyable machine à remonter le temps…

Le Mont-Dore, point de départ de nombreux accès au sommet…
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Le funiculaire du Capucin est en effet le plus ancien de l'Hexagone. Sa première mise en service date de juillet 1898. Soit onze mois avant la ligne de chemin de fer re-liant Laqueille au Mont-Dore : " Au départ, les curistes montaient à dos d'âne pour prendre l'air. C'est un entrepreneur de travaux publics de Perrier qui eut l'idée de construire un funiculaire ", poursuit le responsable. Particularité de ce chantier exceptionnel pour l'époque : les ingénieurs suisses ont dû construire une usine hydroélectrique sur la Dordogne pour alimenter le funiculaire en électricité, quand le reste de la ville était encore plongé dans le noir à la tombée de la nuit…
Les deux cabines " Belle Epoque ", d'une capacité de 40 places et longues de 9 mètres, comportaient à l'origine trois compartiment de deuxième classe ouverts et un compartiment fermé - avec sièges en cuir s'il vous plaît - pour les plus nantis. L'ascension dure huit minutes, à raison d'un mètre par seconde. Le temps nécessaire pour gravir les 200 mètres de dénivelé à 57%. Aujourd'hui, les passagers sont plus des touristes et des sportifs que des curistes en quête d'air pur, pour la simple et bonne raison que de multiplies sentiers de randonnées partent du sommet.
On ne saurait trop recommander de jeter un coup d'œil à la salle des machines : si-tuée au niveau

La salle des machines du funiculaire est classée monument historique. Un bijou ! |
de la gare supérieure, ce joyau mécanique est classé à l'inventaire des Monuments historiques depuis 1984. Avec un peu d'imagination, il évoque " Les Temps modernes " de Charly Chaplin, avec ses grandes roues crantées. Côté motorisation, un moteur de 90 chevaux, actionnant un énorme tambour sur lequel s'enroule le câble. Car il n'y en a qu'un ! Et une seule voie pour monter et descendre : un petit dédoublement sur le trajet permet aux deux cabines de se croiser sans problème. " C'est une caractéristique des funiculaires. Il n'y en a d'ailleurs que 16 en France ", précise Jean-François Roche, passionné par le sujet.
L'installation emploie aujourd'hui cinq personnes à temps complet. 25.000 à 30.000 passagers l'empruntent chaque saison. Le papy des funiculaires devrait donc encore faire de la résistance…
Plus : la machinerie classée monument historique.
Moins : fermé l'hiver.
Emmanuel THEROND
Photos : Valentin UTA

La gare de départ du plus vieux funiculaire de France. |

Gros plan sur la télécabine de 1975… |

Frederic Berkès et Nathalie Fazanion travaillent à La Bourboule. |

les piliers des téléphériques (ici au Mont-Dore) ne sont pas toujours bien intégrés au paysage… |

Au Mont-Dore, le mécanisme de montée et de descente est entièrement automatisé. Le personnel effectue essentiellement une mission de surveillance au Mont-Dore. |

Patrick Déat (à gauche) accompagné d'employés du téléphérique du Mont-Dore. |

Dominique Rama a participé à la conception du Funitel. Apparemment, il ne s'attendait pas à de telles conditions météos dans le Sancy… |
Le panoramique des dômes pour 2012
Le panoramique des dômes. Tel est le nom donné au futur train à crémaillère du puy de Dôme, qui transportera ses premiers passagers l'été 2012. Les travaux devraient débuter dans un peu plus d'un an. Les objectifs du Conseil général sont d'améliorer les conditions de sécurité, de préserver l'environnement et de renforcer l'attractivité du département à travers ce projet innovant. Rappelons-le : aucun train de montagne n'a été construit en France depuis un siècle. Le coût total des travaux avoisinera les 76 millions d'euros. Le prix du billet, quant à lui, devrait plus que doubler pour atteindre les 8,4 € aller-retour par adulte…
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Que dit la réglementation ?
Le transport public de personnes est soumis au contrôle de l'Etat. Le Bureau Inter-départemental des Remontées Mécaniques (BIRM) s'assure de l'application des règles de construction et d'exploitation chaque année. Il a sous sa responsabilités 160 appa-reils du Massif Central, dont une quarantaine en Auvergne : " Nous travaillons actuel-lement sur le futur train à crémaillères du puy de Dôme " précise Robert Teillot, res-ponsable du BIRM. Notons que le bureau assure également le contrôle des moyens de transports guidés, comme les tramways de Clermont-Ferrand et de Saint-Étienne.
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