13 jours à tuer pour Patrice Vergès
Après avoir évoqué le Bassin d'Arcachon dans ses deux précédents livres policiers (Sale temps à Arcachon et Tempête sur le Bassin), Patrice Vergès nous entraîne cette fois à Bordeaux dans "13 jours à tuer " qui vient juste de sortir.

Info. Dans ce nouveau livre policier, vous restez fidèle à la région bordelaise. Pourquoi ?
P.V. Si l'auvergne est la région où j'ai vécu mon adolescence et ma vie profession-nelle, mon enfance s'est déroulée dans le bordelais notamment Mérignac. Dans ce livre dont l'action se déroule de nos jours et à la fin des années 60, mes souvenirs d'enfance m'ont permis de reconstruire certains quartiers de Bordeaux de l'époque notamment de 1969.
Vous affectionnez les histoires qui se passent dans les années 60 ?
Oui, car l'expérience des autres bouquins m'a appris que les lecteurs aimaient ces années là qui fascinent aujourd'hui, autant ceux qui ne les ont pas connues que ceux qui les ont vécues, car elles apportent de la nostalgie à l'histoire même s'il s'agit d'un policier assez sombre. Cela dit, l'action principale se passe aujourd'hui. C'est une vieille lettre retrouvée 30 ans après, qui va faire basculer l'existence tranquille d'un type d'une cinquantaine d'années. En partant à Bordeaux à la recherche de ses amis d'adolescence qu'il a complètement perdu de vue lors de son service militaire, il va dé-couvrir une machination infernale à laquelle il a miraculeusement échappée. En la réveillant, il va plonger dans un enfer paranoïaque.
Au sein des 320 pages, on retrouve, semble t'il, toujours vos mêmes thèmes autour des relations filiales.
Comme dans tous les polars, il y a au moins une histoire dans l'histoire. De nouveau, il y a la recherche du père en particulier et de l'amour filial en général. Le héros part à Bordeaux avec son fils de 30 ans qu'il connaît peu voire mal puisqu'il ne l'a pas élevé car il a divorcé de sa mère il y a plus de 25 ans. A travers leur enquête, on est témoin de la rencontre d'un père et d'un fils que tout oppose au début de l'histoire notamment leur comportement générationnel et leur vision respective du couple formé avec la mère.
C'est un livre dur, nombreux meurtres, tortures, actes immoraux envers des mineurs.

Je ne le vois pas comme cela. Pour moi, c'est un livre tendre car c'est l'amour et même une rupture sentimentale autour des deux sexes qui guide les personnages que je trouve, à la réflexion, trop sympathiques. J'avais déjà été confronté à ce genre de situation précédemment. J'avais prévu de faire mourir un personnage féminin qui a été trouvé si sympathique par certains lecteurs que j'ai du abandonner cette idée dans " Tempête sur le Bassin ".
On sent que vous n'aimez pas les héros virils ?
Je déteste les héros purs et durs sans peur. Dans les polars sur Arcachon, beau-coup, surtout les hommes avaient trouvé, le personnage principal trop fragile. Trop naïf. Qui ne l'est pas face à une histoire d'amour ? J'aime la fragilité. Mon personnage est un type comme tout le monde, un gars ordinaire transportée dans une situation extraordinaire mais dans un cadre familier. J'évite les artifices des châteaux hantés en Transylvanie une nuit de brouillard ! Ce qui est intéressant c'est l'opposition entre le père et le fils face à la dangerosité de la situation.
Comme tous les gens qui écrivent vous avez des projets ?
J'en ai et je fais tout pour qu'ils ne restent pas des projets. Un nouveau livre sur les voitures des années 50/60 pour un autre éditeur, une troisième mouture des aventures du libraires arcachonnais pour 2010 si l'éditeur, Lucien Souny est d'accord car un cer-tain nombre de lecteurs demandent une suite et toujours un projet de polar autour du Titanic à condition, comme de coutume, que ce livre trouve ses lecteurs. Mais j'ai espoir !
Bordeaux, 13 jours à tuer. 320 pages, Editions Lucien Souny, tel : 05 55 75 57 38
Photos Valentin Uta.
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